mardi 21 juillet 2009

Kickball Story -- The End

Je sais ce que vous vous dites. Que je vous fais des promesses en l'air, que je suis trop paresseuse pour prendre le temps de vous faire des p'tits coucous virtuels. Vous croyez que je ne vous aime plus. Eh bien sachez que c'est faux! J'ai une capacité à aimer mes prochains intarissable, et ça tombe vachement bien, puisque vous êtes mes prochains. Alors je vous aime, OUI, je vous aime, chers lecteurs. Et je vous offre en cadeau ma plume et mon quotidien blasant, parce que, taquins que vous êtes, vous le méritez bien. De toute façon, ça garde le mystère de se faire désirer, un peu.

Faisons donc le point sur ce qui s'est passé lors de mon absence blogaire, parce que si je plonge tout de suite dans l'actualité, vous allez être perdu, vous allez paniquer. Je vous connais, bande de trouillards!

Pour commencer, comme certains l'auront peut-être compris dans la note précédente (voir la note précédente), grâce à mon charme irrésistible, mon regard aguicheur, une paire de (roh, vous ne pensez qu'à ça..) talons aiguilles et des heures à pratiquer mes formidables réparties sur le kickball, j'ai fait tombé Claude dans mes filets. Et puis j'ai par la suite réalisé que, les sportifs, eh ben.. ils aiment le sport un peu trop violemment à mon goût. N'allez pas croire que je suis anti-sport; au contraire, j'adore aller courir, et j'étais dans mon jeune temps une grande (façon de parler) joueuse de volleyball. Mais j'ai mes limites.

Conversation téléphonique concernant le deuxième rendez-vous (le premier étant, on s'en souvient, un café)

Claude: Tu serais libre demain?
Moi: Oh, attend que je regarde mon agenda... *pause pendant laquelle je flatte mon chat en comptant les tuiles au plafond* Ouais, j'pourrais m'arranger.
Claude: Parfait! Je viens te chercher vers 19h.
Moi: On va faire quoi, dit?
Claude: C'est une surprise!
Moi: Oooooh, j'adore les surprises!!

«Oooooh, j'adore les surprises!!» Comme cette phrase me semble dénuée de sens, d'un coup. Allez, essayez de deviner ou il m'a emmener.

J'ai, pour la première et la dernière fois de ma vie, jouer à ce jeu du Diable qu'on appelle le «squash». Vous avez bien lu. Et comme vous l'avez devinez, encore une fois, puisque vous êtes très perspicaces, ce fut un véritable désastre. Pour moi, on se comprend. Lui, il doit encore en rire.

Pour commencer, ne sachant pas trop ce que me réservait la soirée, j'étais élégament vêtue d'une robe soleil, très chic, mais aussi très casual à la fois. C'est lorsqu'il est arrivé et qu'il m'a regardé d'un oeil qui disait clairement «d'ou est-ce que tu sors, ma vieille?» que j'ai commencé à m'inquiéter. J'ai du, sous ses ordres, aller me changer. Et ça, ça n'augure jamais rien de bon.

Dans la voiture

Moi: T'es sûr que tu t'es pas trompé, là?
Claude: Non.
Moi: Parce que je crois pas qu'on puisse entrer dans un resto habiller comme ça...
Claude: On va pas au resto, non plus.
Moi: Alors on va ou?
Claude: On va jouer au squash!
Moi, éclatant de rire: ...non, sérieusement, on va ou?
Claude: ...
Moi: Oh...

Je vais vous passer les détails, parce que ce serait trop humiliant. Mais pour faire une histoire courte, disons seulement que je me suis autodéfigurée. Et que j'entend toujours les éclats de rire dans mes cauchemars.

Après quelques-unes de ce genre de sorties, j'ai décidé qu'il valait mieux mettre un terme à cette relation, avant que je me ramasse en fauteuil roulant. Je me retrouve donc maintenant à nouveau célibataire, avec une preuve de plus que je ne suis décidément pas douée pour faire durer une relation amoureuse. Ou plutôt pour trouver quelqu'un. Ou pas.

***

Gentil Voisin: Je t'avais bien dit que ce gars-là était pas très net.
Moi: Rha, la ferme et donne-moi du chocolat.
Gentil Voisin: Tu devrais toujours m'écouter, je suis la vérité-même, je-
Moi: Chocolat, j'ai dit.
Gentil Voisin: Tu ne devrais pas noyer ta peine dans le sucre, c'est mauvais pour la-
Moi: Ô, toi qui détient la vérité dans ce monde cruel, donne-moi donc du CHOCOLAT!
Gentil Voisin: T'es agressive quand t'as personne dans ta vie...
Moi: Autant dire que je le suis en permanence.
Parasite: J'pourrais t'arranger ça, moé, la p'tite! Héhé!
Moi: ...chocolat?

***

La suite extrêmement beaucoup bientôt!

jeudi 9 juillet 2009

STEA

Comme me l'a fait remarqué ce brave homme, «long time no see». C'est que voyez-vous, j'ai une maladie très grave qui atteint le lobe temporal de mon cerveau. On l'appelle le STEA. Syndrome de la Tête En l'Air. Les symptômes peuvent varier en fonction de mon état d'esprit du moment, et ces temps-ci, je qualifierais ce dernier par le mot «OCCUPÉE». J'ai négligé mon (mince) lectorat, et je vous prie de m'en excuser. Ça ne se reproduira plus. Peut-être. Enfin, j'essaierai. :)

***

TRANCHE DE VIE (juste parce que ça sonne bien...)

Étant une femme, il m'arrive de magasiner. C'est une activité qui est beaucoup plus exigeante côté physique qu'on ne pourrait le croire. Effectivement, il faut marcher. Souvent très longtemps. «Et puis?» Ben c'est déjà pas mal!! Mais lorsqu'on ajoute une seule petite variable, ça peut devenir une grande aventure.

Et j'ai bien nommé le Mâle.

Le mâle aime bien râler lorsqu'on l'oblige à essayer des vêtements. Ça devient alors une bataille autant physique que psychologique.

Moi: 'me semble que tu serais beau, là-dedans...
Claude: Non, j'pense pas...
Moi: T'es en train de mettre en doute mes goûts vestimentaires?
Claude: Non, c'est pas ce-
Moi: T'es en train de me dire que je m'habille comme la chienne à Jacques, c'est ça?!
Claude: Ben non, mais-
Moi: Dis-le si tu trouves pas ça beau ce que je porte!
Claude: ...
Moi: OH! C'est ça, dis rien, méchant!
Claude, tout en soupirant: C'est bon, c'est bon, j'vais l'essayer!
Moi: Héhéhé!

Morale de cette histoire: la manipulation par le vêtement, j'aime, j'adopte, je porte fièrement!

Mouhahaha!

vendredi 22 mai 2009

Kick-Ball Story

Mercredi soir (ou jeudi matin), 00h43.

TocTocToc!
Gentil Voisin, après quelques secondes d'attente, l'air endormi: Je te déteste...
Moi: Hé! C'est quoi c't'affaire-là?! La session est fini, faut sortir, faire de quoi, come on!
Gentil Voisin: Je dormais, là...
Moi: C'pas grave, t'as juste à venir en pijama! Pis de toute façon, t'es pas sensé être jeune et pimpant, toi?
Gentil Voisin: ...dit la fille qui passe ses soirées avec son chat...
Moi: ....au moins, lui, y me juge pas...

Je vous épargne le reste de la conversation. Disons simplement que mon plan a à moitié réussi; pour une fois, Gentil Voisin m'a convaincu de le laisser dormir en paix, et de remettre la grande sortie au lendemain soir, avec plus de gens, plus de plaisir et plus d'alcool. Une fois n'est pas coutume. Pas que je sois une grande buveuse ni une party animal... Mais ça fait du bien de célébrer la fin de session. Plus de travaux (à la dernière minute), plus de cours, plus de profs assomants pour l'été... C'est beau, la liberté!

Nous nous sommes donc retrouvés dans un bar, belle bande célébrant la fringante jeunesse qui nous habite. Et qui dit «bar», dit souvent «drôles de rencontres». Oui, bien sûr, je pourrais parler du gars qui donnait un coup de pied au tibia de chaque personne qui entrait dans le bar, ou de la fille (ajeun, dois-je préciser) qui a prit la place de la barmaid quand celle-ci ne regardait pas. Mais je préfère vous parler de Lui (et je ne parle pas de Dieu). Nous l'appelerons Claude, pour garder l'anonymat du-dit jeune homme.

Remettons-nous en contexte; je suis accotée au bar, en train de discuter tranquillement, bien sagement, même, avec une fille qui était dans mon cours de philo, lorsque je vois arriver ce mec. Pas trop grand, pas trop petit. Pas trop gros, pas trop maigre. Cheveux bruns, pas trop longs, pas trop courts. Bref, Claude, qui vient se planter devant moi.

Claude: On s'est pas déjà vu que'que part?

Hum. Je crois que je m'en serais souvenu. En même temps, ça sonne énormément cliché.

Moi, cherchant une répartie accrocheuse et croustillante...: ..non, je crois pas.

Moui, bon. On peut toujours se reprendre pour la répartie. C'est habituellement ma grande force (que je dis. Les autres sont pas d'accord, mais ils sont juste jaloux).

Claude: Ah, c'est bizarre... Tu ressembles à une fille qui restait sur ma rue quand j'étais petit..
Moi: OH MON DIEU.

Évidemment, il resta un peu surpris. Moi aussi, d'ailleurs, je ne m'attendais pas à ce que ça sorte à haute voix. C'est que je venais de réaliser qu'il avait raison: la petite fille, c'était moi! Drôlement mignonne, je me dois de le préciser. Et lui, c'était le gars qui jouait toujours au kick-ball au récréations, à qui je n'avais jamais osé aller parler (j'étais aussi sociable à 8 ans qu'aujourd'hui). Le monde est vraiment minuscule, quand on y pense...

Moi: Euh.. oui, oui! Je me souviens maintenant! Joues-tu encore au kick-ball?
Claude, l'air un peu perdu: ..non, ça fait un bout que j'ai pas joué...
Moi: C'est plate, tu kickais bien.

«C'est plate, tu kickais bien». J'entend encore ces paroles dans ma tête qui résonnent à l'infini, et Dieu que je me trouve drôle et/ou pathétique. J'ai toujours su comment faire des compliments aux hommes, c'est une convention. Surtout ceux qui me plaisent. La prochaine fois, je lui parlerai de la couleur de son aura. Histoire de lui faire peur, un peu.

Étrangement, il ne fut pas perturbé par ma réplique. Non, même qu'il me trouva drôle, ce qui est assez perturbant, je dois dire. Mais pas désagréable. La conversation allait bon train, mémoires de jeunesse, update niveau études/travail/ambitions, bref le classique. Jusqu'au célèbre:

Claude: On pourrait peut-être aller prendre un café un moment donné, jaser un peu plus tranquille?

Aaah... c'est ça, le feeling que ça fait? J'en avais entendu parler maintes fois, mais jamais je ne me serais douté que c'était aussi agréable.

Je suis donc retournée chez moi le coeur léger, un numéro de téléphone dans la poche de ma veste, à moitié consciente de la route. Heureusement que j'avais Gentil Voisin qui marchait avec moi, sinon je me serais probablement rendu à l'autre bout de la ville.

Gentil Voisin, avant de rentrer dans son appart': Y'a pas l'air net, ce gars-là!
Moi: C'est quand même un peu grâce à toi qu'on s'est revu..
Gentil Voisin, pas mal perdu: ..hein?!
Moi: Ben oui, si on était sorti hier comme je voulais, on se serait pas rencontré à soir.
Gentil Voisin: ......vu de même...
Moi: Une chance que t'es là!
Gentil Voisin: Elles le disent toutes...

Huumm... Ça sent l'été!

lundi 18 mai 2009

C'est «monstrueux»!

Ok, venez pas me dire que j'étais la seule à le trouver louche, ce manège-là... Depuis des années, je refuse d'embarquer dedans justement à cause de ce genre d'affaire-là...

Ou peut-être juste parce que j'suis ben chicken... Tout est relatif.

vendredi 8 mai 2009

Coloc: 1, La petite: 0

Ce qui est chiant de rester seule, c'est que t'as personne à qui parler. Vrai que je pourrais discuter avec mon chat, mais le principe du dialogue, c'est de recevoir une réponse lorsqu'on papote. Il n'est donc pas rare que je m'ennuie les soirées ou je ne travaille pas. Je vais donc squatter chez un de mes amis/compatriote de classe qui -Ô miracle!- habite le même bloc appartement que moi. Juste à côté, en fait. Je peux y aller en pantoufles.

Tout irait bien jusque-là, si ce n'était de son coloc.

Je n'ai rien contre les colocs, entendez-moi bien. C'est même super, entendu qu'ils paient habituellement la moitié du loyer et des dépenses. Ça fait donc plus d'argent pour les trucs inutiles-mais-qui-sont-si-super-à-acheter-et-ou-consommer, comme le chocolat. J'ai moi-même cherché pendant un moment quelqu'un pour partager mon appart', mais apparement, j'effraie les gens. Ou mon chat le fait pour moi, tout dépend. Toujours est-il que j'ai décidé de rester seule, et de tout de même acheter mon chocolat, bien fait pour moi. Nah.

Ce n'est toutefois pas le cas de mon ami. Nous le surnommerons Gentil Voisin, ce qui est quand même bien, puisqu'il est mon voisin et qu'accessoirement, il est gentil. Mais pas son coloc. J'ai rarement vu un cas de bêtise humaine plus avancée, sincèrement. Nous l'appellerons donc le Parasite.

Je vous entend déjà: «Ça ne doit pas être si pire... Tu divagues, ma vieille...» Oh non. J'ai déjà divagué dans ma vie (c'est une autre histoire), mais là, impossible de se tromper. Allons-y d'une petite fiche descriptive, voulez-vous?

Nom: Inconnu. On le soupçonne d'avoir été élevé chez les loups.
Prénom: Parasite.
Âge: 19 années humaines, plus ou moins 120 extra-terrestres.
Activité principale: On serait tenté de répondre «étudiant», mais non, en fait. Il passe le plus clair de ses journées à jouer à Rock Band ou Guitar Hero, écrasé sur le sofa, muni de son sac de chips géant et d'une bière. Le soir, il sort habituellement ( lire «toujours» ) avec sa bande de copains aussi actifs que lui.

Vous voyez le genre? Ce soir, n'ayant pas de vie et complètement éreintée par mes travaux scolaires, je suis allée cogner chez Gentil Voisin pour me détendre et regarder des émissions stupides en jasant de bonne cuisine. Ça c'est de la soirée.

Mais disons que j'ai eu une petite surprise.

Toc toc.
Gentil Voisin, ouvrant la porte, l'air contrarié: Ah, salut.. J'savais pas que tu venais à soir..
Moi: C'est parce que je suis tellement imprévisible, et merveilleuse, et incroyablement surprenante, et...
Gentil Voisin: Mon coloc est là. J't'avertis.

Alors ça, ça m'a coupé net. J'avais déjà rencontrer Parasite par le passé, mais ce soir, ça promettait. Selon Gentil Voisin, il avait décidé de rester sage en ce vendredi soir. Ou bien il voulait terminé une partie de jeu vidéo. Toujours est-il qu'il était toujours affalé sur le sofa lorsque je suis entrée.

Il portait le même t-shirt que la dernière fois que je l'avais vu. Et apparement, ce dernier n'avait pas vu de machine à laver depuis belle lurette. Encore moins de douche.

Parasite: Heeey! Tu m'avais pas dit que la p'tite venait à soir!

Première erreur. Ne jamais, JAMAIS, m'appeler par un surnom qui me rappelle ma petitesse. Je m'en rend déjà compte chaque fois que je passe devant le miroir, pas besoin de me faire un remake des septs nains.

Après un moment de consultation, Gentil Voisin et moi décidons de s'installer dans la cuisine et de se faire une dame de pique. On est tellement wild. On avait surtout pas accès au salon, et on avait décidé d'ignorer Parasite pour la soirée. Mais disons simplement qu'il est du genre... bruyant.

Moi: Qu'est-ce que ça fait de se faire battre de même? Non, mais, sincèrement là... je l'ai jamais vécu..
Gentil Voisin: Tu fais chier.
Moi: Hihi!
Parasite, du salon: OOOH YEAAAH!
Gentil Voisin et Moi: ...
Parasite: J'VIENS DE SCORER!

Vous comprendrez que je ne suis pas restée longtemps. Le temps de finir la partie et de voler un ou deux morceaux de chocolats dans le garde-manger. On aurait bien traversé chez moi, mais Gentil Voisin est allergique aux chats. Et mon chat est associal. Deux conditions désastreuses, vous l'admettrez. J'ai donc passé mon vendredi soir chez moi, seule, dans mon pijama, à regarder des stupidités.

Finalement, les colocs, on les aime. Mais loin. Très loin.

lundi 27 avril 2009

Grand aveu

Comment vous avouez ce vice? Cette dépendance de laquelle je ne peux me soustraire, qui reviens toujours me harasser, nuit et jour, à l'école ou sous la douche. Je ne peux m'empêcher d'y penser, mon esprit en est même altéré tant l'intensité de cette inconduite me détraque.

Oh, je sais, je vous déçois. Je vois vos mine déconfites derrière vos écrans. Vous me croyiez la pureté même, la nitescence en personne. Mais il n'en est rien. C'est que vous ne me connaissez pas assez; un jour, vous comprendrez la gravité de ma situation. Car, chers lecteurs, elle l'est.

J'ai tout essayé pour me débarasser de cette faiblesse. Non, vraiment, je vous le jure! J'ai même, en désespoir de cause, appeler mes plus proches amis à ma rescousse. En vain; il n'en ont fichetrement rien à faire. Je n'en peux plus...

Le point d'interrogation dans vos visages me pousse à vous révéler la triste vérité qui m'accable. Vous l'aurez bien voulu, en tout cas!

Cliquez à vos risques et périls..

Oui, oui. Jean Leloup, Jean Leclerc, John The Wolf, appelez-le comme vous le voulez. Toujours des notes, des paroles dans ma tête! Je n'en peux plus d'attendre la sortie de son nouvel album, Mille Excuses Milady, demain. Ma dépendance à sa musique est assez intense. Comme le dirait Dominic Arpin, «j’accepterais même d’aller me faire insulter par Leloup en concert pour l’écouter “live”». Aller, plus qu'un dodo!!

Ça se guérit, docteur? Oooh, et puis zut! Pas de guérison, c'est trop bon!

dimanche 19 avril 2009

Anti-déprime

Il y a certains jours ou l'on se dit que rien n'en vaut vraiment la peine. On déprime, on tourne en rond, on sait pas trop comment remplir ses journées. Bien entendu, on pourrait travailler (parce qu'évidemment, on a une tonne de travaux à remettre, la fin de la session arrivant à grands pas), mais on a zéro motivation. L'inspiration s'est enfuit avec l'envie de faire un effort. Ils sont bien amis, ces deux-là. Cette passe là, dans mon cas, elle se pointe avec l'arrivée du printemps et du temps chaud. Mon horloge biologique m'envoie promener; j'ai juste envie de dormir. Mais habituellement, j'arrive à me secouer les puces et à sortir un peu, même si le coeur n'y est pas. Je saute dans mes souliers et je vais prendre l'air.

C'est ce que j'ai fait en fin de semaine. J'ai été chez mes grands-parents, que je ne vois pas assez à mon goût. Ils habitent dans un tout petit village, sur le bord du fleuve. Le genre d'endroit ou je rêverais de m'installer un jour. Tout le monde connaît tout le monde, on prend ça relax, et quand quelqu'un a besoin d'aide, il peut toujours compter sur ses voisins. Un endroit ou le temps s'arrête, parce qu'on a pas besoin de se presser, de performer. Le contraste est frappant. Il y a, dans ce petit village, un endroit qui m'est particulièrement agréable. Une forêt, pas très grande, mais dans laquelle on peut facilement se perdre. Pas au sens littéraire; se perdre en pensée. J'y allais souvent avec ma grand-mère lorsque j'étais petite, mais jamais bien loin, ni bien longtemps. J'ai profité de ma visite pour y retourner.

Je suis loin d'être quelqu'un de religieux. Je suis baptisée et c'est tout. Pas de première communion, de confirmation ou autre courbette qu'on nous fait faire enfant. Et ça me convient parfaitement, puisque je ne crois pas en Dieu. On dirait que c'est la mode, ces temps-ci, de se dire athée, mais si je l'affirme, c'est parce que j'y ai réfléchi assez souvent. Et dans ma tête, les centaines de contradictions de la religion chrétienne, son sexisme, son favoritisme, ne font aucun sens. Il m'est impossible d'y croire, et pourtant, je ne manque pas d'imagination. Je respecte toutefois énormément les gens qui ont foi en la religion (n'importe laquelle), car je les envie en quelque sorte; leur vie a un sens, une explication, et les réponses à leurs «pourquoi», ils les ont. Mais moi, je préfère croire en moi-même plutôt qu'en un être supérieur. Ma vision des choses est assez poche; on meurt, on engraisse la terre, fin. Pas de Paradis ou d'Enfer, pas de papillons ou de comédie musicale faite avec ta vie. Non. Tu meurs, that's it.

Si je vous dis tout ça, c'est qu'en m'aventurant dans ma forêt (oui, ma), j'ai découvert un endroit que je n'avais encore jamais vu. Et pourtant, tout de suite j'ai eut l'impression de le connaître. Il s'agit d'une petite chapelle bleue, entourée d'un tout petit cimetière qui depuis longtemps a été laissé à l'abandon. Je n'avais jamais vu un endroit plus beau, plus calme, plus emplis de respect que ce lieu. Je me suis assise sur un banc, et j'ai passée près d'une heure et demie, juste à contempler cette chapelle. Pendant un instant, tout m'a paru simple. Jai eu l'impression de trouver un sens à ma vie. Pas à cause du symbole religieux, loin de là. C'aurait très bien pu être un shack en bois rond. C'est tombé sur une chapelle.

En revenant chez moi tout à l'heure, j'avais le sourire. Ma déprime saisonnière s'est envolée totalement, je suis à nouveau motivée, et je n'ai qu'une envie, c'est celle de bouger. C'est que ça revigore, trouver son Paradis sur Terre.

Et si j'allais faire un bon jogging, moi?